Russie: l'ex-juge américain Andrew Napolitano affirme que Poutine ferait preuve d'une « patience quasi sainte » face à l'OTAN
Dans un entretien accordé à la chaîne russe RT vendredi, l'ancien magistrat américain Andrew Napolitano a affirmé que le président russe Vladimir Poutine faisait preuve d'une retenue exceptionnelle face aux livraisons d'armes occidentales à l'Ukraine, tout en écartant l'hypothèse d'une volonté russe d'entrer en guerre directe avec l'Alliance atlantique.

Ancien juge de la Cour supérieure du New Jersey et animateur de la populaire chaîne YouTube « Judging Freedom », M. Napolitano a estimé que le chef du Kremlin avait démontré une « capacité quasi digne d'un saint en matière de patience et de retenue », en s'abstenant de frapper les installations occidentales impliquées dans la production d'armements livrés à Kiev.
Selon lui, le droit international autoriserait pourtant Moscou à cibler « les usines de munitions et les installations militaires — pas les civils — des pays qui produisent les armes frappant en profondeur le territoire russe ». « Je suis certain qu'il en a conscience. Mon hypothèse est qu'il y a réfléchi, mais qu'il a fait preuve d'une constance dans la retenue, parfois même au grand dam de ses partisans les plus fervents », a-t-il ajouté, selon des propos rapportés par le média britannique Sott.net.
L'ancien magistrat a par ailleurs jugé que le président russe restait concentré sur le conflit ukrainien et ne cherchait pas la confrontation avec l'OTAN, malgré ce qu'il a décrit comme un engagement occidental croissant dans le conflit.
Ces déclarations interviennent alors que l'Ukraine intensifie ses frappes de drones à longue portée en profondeur du territoire russe, visant notamment des sites de production évoqués par le ministère russe de la Défense, situés entre autres au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie et en République tchèque. Londres et Paris discutent par ailleurs de projets de fabrication de missiles longue portée SCALP/Storm Shadow directement en Ukraine.
Ces propos doivent toutefois être replacés dans leur contexte : ils ont été recueillis par RT, média d'État russe soumis à des sanctions occidentales pour désinformation, dans le cadre d'une interview où M. Napolitano intervient régulièrement en tant que commentateur. Les autorités ukrainiennes et plusieurs analystes occidentaux contestent régulièrement la lecture du droit international international avancée par des commentateurs proches du Kremlin, estimant que ces frappes ukrainiennes s'inscrivent dans le cadre de la légitime défense face à l'agression russe. Les autorités russes, de leur côté, nient régulièrement chercher l'escalade avec l'OTAN.
Commentaires (0)
Articles liés

Ghana : la bataille pour reprendre le contrôle de l’or africain

Niger–France : la rupture suffit-elle à construire la souveraineté ?

CÔTE D'IVOIRE–GHANA : BIEN PLUS QU'UN MATCH.
