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CÔTE D'IVOIRE–GHANA : BIEN PLUS QU'UN MATCH.

Akondanews — Sport

Deux grandes nations du football ouest-africain. Deux histoires. Deux peuples voisins. Une rivalité sportive qui promet déjà de faire vibrer la région. CAN 2027 : pourquoi Côte d'Ivoire–Ghana est aussi une affiche de prestige pour le football africain.Le tirage au sort des éliminatoires vient de refaire les cartes, et il n'a pas fait les choses à moitié : la Côte d'Ivoire et le Ghana, deux des sélections les plus titrées d'Afrique de l'Ouest, se retrouvent dans le même groupe pour la course à la CAN 2027 — et s'affrontent d'entrée. Au-delà du calendrier sportif, ce choc ravive une rivalité vieille de plusieurs décennies, faite de finales à suspense, de trajectoires contrastées et d'une fierté régionale qui dépasse largement le rectangle vert.

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CÔTE D'IVOIRE–GHANA : BIEN PLUS QU'UN MATCH.

Un tirage qui relance immédiatement la rivalité

La 36ᵉ édition de la Coupe d'Afrique des nations se jouera pour la première fois en Afrique de l'Est, coorganisée par le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie, du 19 juin au 18 juillet 2027, sous le thème « Pamoja » (« ensemble », en swahili). (France 24)

Pour y accéder, 48 sélections sont réparties en 12 groupes de qualification. Et le sort a placé la Côte d'Ivoire et le Ghana ensemble dans le groupe C, aux côtés de la Gambie et de la Somalie. (Africa Top Sports)

Fait notable : les deux sélections s'affrontent dès la toute première journée des éliminatoires, dans la fenêtre du 21 septembre au 6 octobre 2026 — la Côte d'Ivoire entame donc sa campagne qualificative directement face à son plus grand rival régional. (SportNewsAfrica)

Une affiche qui, selon plusieurs observateurs, pourrait déjà peser lourd dans la course à la première place du groupe.

Une histoire faite de finales et de tirs au but

Entre Éléphants et Black Stars, l'histoire ne manque pas de rebondissements.

Le 26 janvier 1992, à Dakar, la Côte d'Ivoire et le Ghana se disputent la finale de la CAN. Score final : 0-0 après prolongations. Il faudra une séance de tirs au but historique — la première d'une finale majeure où chaque joueur de champ tire — pour départager les deux équipes : la Côte d'Ivoire l'emporte 11-10 et décroche son tout premier titre continental. (Wikipedia)

Vingt-trois ans plus tard, le scénario se répète presque à l'identique. Le 8 février 2015, à Bata (Guinée équatoriale), Éléphants et Black Stars s'affrontent de nouveau en finale. Nouveau 0-0, nouvelle séance de tirs au but. Le gardien ivoirien Boubacar Barry, alors âgé de 35 ans, arrête deux penalties avant de transformer lui-même le tir décisif : 9-8. La Côte d'Ivoire renoue avec le sacre continental, 23 ans après 1992, tandis que le Ghana voit sa disette prolongée depuis son dernier titre, en 1982. (The Africa Report)

Deux finales. Deux séances de tirs au but. Deux victoires ivoiriennes. Difficile de trouver plus grande rivalité sur le continent.

Deux trajectoires opposées depuis 2023

La dernière édition disputée, la CAN 2023 (organisée début 2024 en Côte d'Ivoire), a encore accentué le contraste entre les deux sélections.

Le Ghana est éliminé dès la phase de groupes, une désillusion qui coûte immédiatement son poste au sélectionneur Chris Hughton, remercié dans la foulée. (Citizen Digital)

La Côte d'Ivoire, elle, connaît d'abord un scénario similaire : éliminé après une lourde défaite en poules, le sélectionneur Jean-Louis Gasset est limogé en pleine compétition, alors que le pays organise le tournoi à domicile. Mais les Éléphants se relèvent de façon spectaculaire, éliminent tour à tour le Sénégal tenant du titre et le Mali, avant de battre le Nigeria en finale et de décrocher un troisième sacre continental. (beIN SportsOlympics.com)

Deux crises internes, deux dénouements diamétralement opposés. C'est ce contraste que les deux nations remettent en jeu dès leur premier match qualificatif.

Une rivalité qui dépasse le terrain

Le duel ivoiro-ghanéen n'est pas qu'une affaire de football.

Les deux pays partagent une frontière longue de plusieurs centaines de kilomètres, une intense circulation de population entre Abidjan et Accra, et une histoire économique étroitement imbriquée. Ils sont aussi, à eux deux, à l'origine de plus de la moitié de la production mondiale de cacao — une rivalité économique tout aussi réelle que la rivalité sportive, les deux pays ayant même tenté ces dernières années de coordonner leur poids face aux acheteurs internationaux du secteur.

Le football devient alors un langage commun à ces liens de voisinage : un terrain où se rejouent, de façon plus légère mais tout aussi intense, la fierté nationale, la comparaison permanente entre deux économies voisines et la question de qui, entre Abidjan et Accra, incarne le mieux la puissance ouest-africaine.

Ce que cette affiche annonce pour 2027

Reste que, sur le terrain, l'enjeu immédiat est sportif : bien négocier une entrée en lice qui pourrait conditionner toute la suite du parcours qualificatif vers une CAN inédite, disputée pour la première fois loin de ses bases historiques d'Afrique du Nord et de l'Ouest.

Pour la Côte d'Ivoire, tenante en titre morale d'une rivalité qu'elle domine dans les grands rendez-vous, l'objectif est de confirmer sa suprématie récente. Pour le Ghana, il s'agit de refermer une parenthèse douloureuse et de redonner un sens à un palmarès resté figé depuis plus de quatre décennies.

Bien plus qu'un match, disait le titre. Le premier coup de sifflet de septembre 2026 pourrait bien confirmer, une fois de plus, pourquoi cette rivalité reste l'une des plus grandes du football africain.

Tags :SportCAN

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