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RDC : à Goma, le suivi du cessez-le-feu reprend alors que l’ultimatum de Washington sur le Rwanda a expiré sans effet

Trois officiers des FARDC ont rejoint Goma pour intégrer le Mécanisme conjoint de vérification élargie (MCVE+ / EJVM+), chargé de surveiller l’application du cessez-le-feu avec l’AFC/M23. Une relance diplomatique qui intervient au lendemain de l’échéance fixée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio pour le retrait des troupes rwandaises — échéance restée lettre morte sur le terrain.

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RDC : à Goma, le suivi du cessez-le-feu reprend alors que l’ultimatum de Washington sur le Rwanda a expiré sans effet

Un dispositif technique enfin opérationnel

Le lieutenant-colonel Ben Epule Cosmas et les majors Lokuli Bofanda Freddy et Kitoko Dimonokene André sont arrivés le 13 juillet à Goma à bord d’un hélicoptère de la MONUSCO, aux côtés de la représentante spéciale adjointe du secrétaire général de l’ONU, Vivian van de Perre . Ces militaires représenteront désormais la partie congolaise au sein de ce mécanisme, dont la mission principale est de veiller au respect du cessez-le-feu et d’examiner les éventuelles violations afin de prévenir une reprise des hostilités .

Selon RFI, cité par allAfrica, leur désignation le 2 juillet est intervenue lors d’une audience entre le vice-Premier ministre à la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, et le chef de la MONUSCO, James Swan, avec pour priorités la protection des civils, l’appui au DDR et le suivi du cessez-le-feu dans le cadre des processus de Doha et de Washington . Le mécanisme, précise mediacongo.net, réunit outre les délégations congolaise et rwando-congolaise des membres de la MONUSCO ainsi que des observateurs internationaux du Qatar, du Togo, de l’Union africaine et des États-Unis .

Ce dispositif n’est pas né du jour au lendemain : il trouve son origine dans l’accord de cessez-le-feu signé à Doha le 14 octobre 2025, dont les termes de référence n’ont été formellement adoptés que le 2 février 2026 . Entre-temps, plusieurs obstacles avaient retardé sa mise en œuvre — financement, désignation incomplète des membres, accès sécurisé aux deux côtés de la ligne de front — avec un point de friction persistant autour du territoire de Minembwe, au Sud-Kivu .

Un contexte de terrain qui contredit l’optimisme diplomatique

Ce redémarrage technique tranche avec la réalité du front. Le même jour où les officiers congolais rejoignaient Goma, les deux camps continuaient de s’accuser mutuellement d’attaques contre des civils : un communiqué des FARDC du 5 juillet évoque des frappes de drones armés menées par la « coalition RDF-AFC/M23 » les 4 et 5 juillet dans plusieurs localités du Nord et du Sud-Kivu, dont une frappe à Baraka ayant fait plusieurs morts et blessés .

C’est dans ce climat que l’ultimatum lancé par Marco Rubio est arrivé à échéance sans résultat visible. Le 4 juin, devant la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, le chef de la diplomatie américaine avait déclaré espérer voir « le retrait des troupes rwandaises de la région effectif d’ici le milieu du mois prochain » , tout en reconnaissant que l’accord de paix RDC-Rwanda signé en juin 2025 à Washington n’était « pas bien respecté » . Or, selon Radio Okapi, au 15 juillet, aucun désengagement des Forces de défense rwandaises n’a été officiellement constaté dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 , alors que l’AFC/M23 poursuit au contraire sa progression dans le Sud-Kivu et revendique la prise de plusieurs localités ces derniers jours .

Fait aggravant relevé par Radio Okapi : l’accord de Washington ne prévoit aucune sanction automatique en cas de non-respect des engagements par l’une des parties , ce qui explique en partie l’absence de conséquences immédiates à l’expiration du délai.

« Faire la paix avec des interlocuteurs hypocrites »

C’est dans ce contraste — entre l’agenda diplomatique de Washington et l’inertie constatée sur le terrain — que la reprise du dialogue technique à Goma est accueillie avec un scepticisme prudent à Kinshasa. « L’objectif est bon, mais la faisabilité de faire la paix avec des interlocuteurs hypocrites nourrit peu d’espoir », confie à Goma un officiel sous couvert d’anonymat.

Wait and see.

Raphaël Lumoo

Akondanews.net

Tags :PolitiqueDiplomatie

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