Depuis sa détention en Afrique du Sud, Kemi Seba accuse les autorités béninoises de dérive autoritaire
L'activiste panafricaniste Kemi Seba a adressé un message au gouvernement béninois depuis sa détention en Afrique du Sud, dans lequel il accuse le président Patrice Talon et son ministre d'État chargé de l'Économie et des Finances, Romuald Wadagni, de porter atteinte aux libertés publiques et à la souveraineté du Bénin. Le texte, selon son entourage, a été transmis à ses avocats avant d'être diffusé par le mouvement Urgences Panafricanistes.

Dans cette déclaration, Kemi Seba affirme que les autorités béninoises « assassinent depuis dix ans la souveraineté de notre population » et les accuse de restreindre l'expression de l'opposition politique ainsi que la liberté d'opinion.
L'activiste soutient également que des citoyens béninois seraient contraints à l'exil ou exposés à des poursuites judiciaires en raison de leurs opinions politiques. Il affirme en outre que les autorités surveillent les réseaux sociaux afin d'identifier les internautes critiques à l'égard de leurs décisions.
Poursuivant ses critiques, Kemi Seba dénonce le mode de désignation des sénateurs et accuse le pouvoir de s'approprier les ressources nationales, notamment celles issues de la filière coton. Il évoque également les déclarations de l'ancien magistrat instructeur de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), Essowé Batamoussi, aujourd'hui en exil, qui avait dénoncé, selon lui, des pratiques de corruption au sein de l'appareil d'État.
Dans son message, l'activiste conclut en affirmant que les dirigeants béninois devront répondre de leurs actes, estimant que « la conclusion entre vous et nous est pour bientôt, quelles que soient vos machinations ».
À ce stade, les autorités béninoises n'ont pas réagi publiquement à ces accusations. Celles-ci n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Cette nouvelle prise de position intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Kemi Seba et les autorités de plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest. Elle illustre la poursuite du débat autour des libertés publiques, de la gouvernance et de l'espace politique au Bénin, des questions qui continuent d'alimenter les discussions au sein de la société civile et de la classe politique.
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