Côte d’Ivoire : Nady Bamba critique la conception de la souveraineté défendue par l’ambassadeur Maurice Bandama
Nady Bamba, épouse de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, a réagi à la récente déclaration de l'ambassadeur de Côte d'Ivoire en France, Maurice Bandama, sur les relations franco-ivoiriennes et la souveraineté nationale. Dans une tribune publiée dimanche, l'ex-journaliste remet en question ce qu'elle considère comme une application « à géométrie variable » du principe de souveraineté et appelle à une approche plus cohérente des relations internationales.

Son intervention fait suite à une déclaration de Maurice Bandama répondant à des propos de l'homme politique français Jean-Luc Mélenchon sur la Côte d'Ivoire. Nady Bamba s'interroge notamment sur le délai ayant précédé cette réaction diplomatique et estime que le débat dépasse la seule polémique entre les deux personnalités.
Tout en saluant le parcours littéraire de l'ambassadeur, qu'elle présente comme un écrivain dont elle apprécie les œuvres, elle souligne que ses prises de parole doivent désormais être analysées à l'aune de ses fonctions diplomatiques. « Un ambassadeur est avant tout un messager, un porteur d'idées, le porteur d'une vision diplomatique », écrit-elle.
Au cœur de sa tribune figure une réflexion sur la souveraineté nationale. Selon elle, ce principe ne saurait être invoqué uniquement lorsqu'il sert des intérêts politiques. « La souveraineté ne peut pas être un mot que l'on brandit uniquement lorsque cela nous arrange », affirme-t-elle, estimant qu'elle « ne doit pas devenir un refuge derrière lequel on dissimule nos contradictions ».
L'épouse du président du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI) considère qu'il existe une contradiction entre les appels actuels au respect de la souveraineté ivoirienne et le recours, selon elle, à des soutiens extérieurs lors de la crise post-électorale de 2010-2011. Elle soutient également qu'il convient de distinguer les positions individuelles des responsables politiques français de celles de l'État français.
Élargissant son analyse, Nady Bamba invite les pays africains à assumer une part de responsabilité dans leurs propres trajectoires politiques. Elle estime que les difficultés du continent ne trouvent pas uniquement leur origine dans l'héritage colonial ou dans les interventions extérieures, mais également dans les choix opérés par certains dirigeants africains.
La tribune aborde également les relations entre la France et ses partenaires africains. L'auteure estime que Paris devrait adapter sa politique africaine aux nouvelles réalités géopolitiques du continent, notamment en engageant un dialogue direct avec les dirigeants de l'Alliance des États du Sahel (AES). Elle juge que les partenariats futurs devraient reposer sur « le respect et la coopération gagnant-gagnant », plutôt que sur des rapports d'influence hérités de la Françafrique.
Évoquant le panafricanisme défendu par Laurent Gbagbo, Nady Bamba affirme que celui-ci repose sur une solidarité entre les États africains et sur un développement partagé, résumant cette vision par la formule : « je grimpe, tu grimpes ».
Cette prise de position s'inscrit dans un contexte où les questions de souveraineté, de gouvernance et de redéfinition des relations entre les États africains et leurs partenaires internationaux occupent une place croissante dans le débat public en Côte d'Ivoire comme sur l'ensemble du continent. Les déclarations de Nady Bamba, qui relèvent de l'opinion politique, n'ont pas fait l'objet d'une réaction officielle des personnes mises en cause au moment de la publication.
Commentaires (0)
Articles liés

Iran-États-Unis : une confrontation stratégique aux risques d’embrasement régional

Côte d’Ivoire : les activités de Qnet suspendues à Oumé après des plaintes pour des faits présumés d’escroquerie

Crise de gouvernance à Abobo-Té / La Chefferie Tchagba rétablit la vérité et dénonce une « cabale financière et politicienne »
