Situation sociopolitique en Côte d’Ivoire / Quand les leçons du mondial 2026 dessinent l'avenir d'une grande nation
L’engouement suscité par le parcours des Éléphants dépasse le simple cadre sportif.
Dans une tribune incisive, Innocent Gnelbin, président de Force aux Peuples, invite ses compatriotes à transposer l'exigence de la Coupe du monde à la construction de la Côte d’Ivoire de demain. Une réflexion profonde sur la vision, les institutions et la valorisation des talents.

Le paradoxe de l'exigence : Pourquoi le sport et pas l'État ?
Depuis le début de la compétition, le peuple ivoirien vibre à l’unisson derrière son équipe nationale, admirant son engagement, sa discipline et sa solidarité collective.
Pourtant, au-delà de la ferveur des stades, une question fondamentale émerge : pourquoi exigeons-nous autant de nos athlètes et parfois si peu de notre État?
Pour Innocent Gnelbin, aucune nation ne devient grande par accident. Les critères qui mènent une équipe au sommet, vision, rigueur et continuité, sont précisément ceux qui doivent guider le développement d'un pays. La véritable grandeur d’une nation ne réside pas seulement dans la richesse brute qu’elle produit, mais dans sa capacité à la transformer en progrès partagé pour tous.
Bâtir une vision à long terme : La Côte d'Ivoire face à son destin
Une grande équipe ne joue pas à vue ; elle planifie ses cycles sur plusieurs années. De la même manière, la Côte d'Ivoire doit s'interroger sur son horizon à long terme : que voulons-nous devenir en 2050, 2075 ou 2100?
«Voulons-nous être une simple économie exportatrice de matières premières ou une puissance industrielle, technologique et scientifique africaine ? » s'interroge le leader progressiste.
Pour sortir des simples slogans politiques, les objectifs nationaux, qu'il s'agisse de la réduction de la pauvreté, de l'amélioration de l'éducation ou de la création d'emplois, doivent être mesurés et évalués avec précision. Sans cette rigueur, le risque de stagnation reste entier.
L'analyse d’Innocent Gnelbin met en lumière deux chantiers prioritaires pour pérenniser l'émergence du pays à savoir des institutions durables.
«Tout comme un grand collectif ne dépend pas du génie d'un seul joueur, une nation doit s'appuyer sur une administration efficace, une justice crédible et des universités performantes. Les hommes passent, mais ce sont les institutions qui garantissent la stabilité et l'égalité des chances », soutient-il
Le second chantier qu’il propose est l'investissement dans l'intelligence. «Les puissances économiques de demain sont celles qui misent sur l'innovation et le savoir.
Former la jeunesse, retenir les talents locaux et créer les conditions pour le retour de la diaspora constituent désormais un avantage stratégique majeur. Gaspiller ces compétences revient à hypothéquer l'avenir » fait savoir Innocent Gnelbin.
Le verdict
Pour le président du mouvement ’’Force aux Peuples’’, la compétition du XXIᵉ siècle ne se joue pas uniquement sur les pelouses, mais dans les laboratoires, les écoles et les entreprises : « Si les trophées sportifs font la fierté d'une génération, la construction d'une nation forte exige une persévérance quotidienne et une ambition transgénérationnelle.
C’est ce même esprit de corps et cette détermination admirés chez les Éléphants que la Côte d’Ivoire doit désormais insuffler dans ses institutions pour bâtir son avenir », a martelé Innocent Gnelbin.
A.K
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