Côte d’Ivoire : Pulchérie Gbalet conteste la représentativité de la société civile au dialogue sur l’organe électoral
L'une des plus grandes figures de la société civile ivoirienne Pulchérie Gbalet a vivement critiqué, mardi, ce qu’elle qualifie de « prétendue implication » de la société civile dans les discussions engagées par le gouvernement autour de la mise en place d’un nouvel organe électoral, estimant que les organisations conviées ne représentent pas véritablement les acteurs indépendants de la société civile.

Dans une déclaration publiée le 23 juin 2026, la présidente d’Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI) a dénoncé ce qu’elle considère comme une confusion entretenue autour de la notion même de société civile.
Selon elle, « plusieurs parlent malheureusement de ce qu’ils ignorent, pire certains répètent sans réfléchir ce que disent les autres ». Elle rappelle que la société civile regroupe, de manière générale, les citoyens n’appartenant ni à un parti ni à un mouvement politique, mais désigne également l’ensemble des organisations non partisanes et à but non lucratif participant au développement, au débat démocratique et au contrôle citoyen de l’action publique.
« La société civile participe donc à l’expression de la démocratie comme le consacre l’article 26 de notre Constitution. Elle est donc un acteur politique non partisan », a-t-elle soutenu.
Revenant sur le dialogue politique en cours autour de la réforme de l’organe électoral, Pulchérie Gbalet affirme que les organisations présentées comme représentantes de la société civile n’ont fait l’objet d’aucune consultation préalable au sein du tissu associatif.
« Il n’y a eu ni consultation, ni concertation en interne, encore moins de mécanismes de désignation de ces organisations », a-t-elle déclaré, invitant les autorités à « arrêter de tromper l’opinion publique nationale et internationale » sur la participation de la société civile aux échanges.
L’activiste estime par ailleurs que plusieurs des structures associées aux discussions seraient en réalité proches du pouvoir. Elle cite notamment le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) ainsi que d’autres organisations qu’elle accuse d’avoir pris part à des campagnes électorales lors de précédents scrutins.
« Ces personnes présentes au nom de la société civile sont pour la plupart des militants déguisés du parti au pouvoir », a-t-elle affirmé, ajoutant que « la vraie société civile ne bat pas campagne pour un candidat de parti politique et la vraie société civile est toujours du côté des victimes de tout genre ».
Pour Mme Gbalet, les organisations indépendantes et critiques ont été volontairement écartées du processus. Elle considère que les participants retenus ont principalement pour rôle de valider des orientations déjà définies par le pouvoir.
« Nous l’avons déjà dit et nous le répétons, ne sont invités à ces dialogues que ceux qui sont là pour valider des propositions arrêtées par le RHDP sans discuter », a-t-elle soutenu.
Cette sortie de Pulchérie Gbalet intervient dans un contexte marqué par les débats autour de la réforme du système électoral ivoirien et des préparatifs des prochaines échéances politiques. Elle illustre les divergences persistantes entre certaines organisations de la société civile et les autorités sur les conditions de conduite du dialogue politique, notamment en ce qui concerne l’inclusivité et la représentativité des différents acteurs appelés à y prendre part.
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