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SOUDAN : TROIS ANS D'ENFER — LE MONDE FACE À SA PLUS GRANDE CRISE HUMANITAIRE IGNORÉE

Quarante mille morts, quatorze millions de déplacés, deux millions d'enfants sous la menace de la famine : la guerre civile soudanaise, entrée dans sa troisième année, est devenue le drame le plus grave de la planète. Et le monde regarde ailleurs.

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SOUDAN : TROIS ANS D'ENFER — LE MONDE FACE À SA PLUS GRANDE CRISE HUMANITAIRE IGNORÉE

Trois ans. Trois ans que le Soudan brûle en silence. Depuis avril 2023, l'armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) — ces paramilitaires nés des cendres des milices du Darfour — se livrent une guerre totale sur le sol d'un pays déjà épuisé. Le bilan est vertigineux : plus de 40 000 morts, près de 14 millions de déplacés, et une nation au bord de l'effondrement institutionnel.

À l'occasion du troisième anniversaire du conflit, les chiffres publiés par les agences onusiennes donnent le tournis. Plus de 33,7 millions de personnes ont besoin d'une aide vitale. Le Programme alimentaire mondial (PAM) recense 24,6 millions de personnes en situation de faim aiguë, dont 2 millions confrontées à la famine ou à son risque immédiat. Dans le Darfour-Nord, la région la plus durement touchée, plus de la moitié des enfants souffrent de malnutrition aiguë. Des enfants. La moitié d'entre eux.

Sur le terrain, les combats ne distinguent plus rien. Des frappes de drones ont visé l'hôpital universitaire d'Al Jabalayn, tuant dix membres du personnel médical en pleine activité. L'hôpital d'Al-Daein, lui, a été touché dans une attaque qui a fait au moins 64 morts parmi des civils sans défense. Ces crimes de guerre documentés par Human Rights Watch et le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme s'accumulent sans que la communauté internationale ne trouve la volonté d'intervenir.

Le financement humanitaire, lui, est une catastrophe à part entière. Le Plan de réponse humanitaire 2026 nécessite 2,9 milliards de dollars pour venir en aide à plus de 20 millions de personnes. À ce jour, seuls 16 % de ce montant ont été mobilisés, soit 465 millions de dollars. Les organisations humanitaires sur place tirent la sonnette d'alarme : sans injection massive de fonds dans les prochaines semaines, des pans entiers du dispositif d'aide vont s'effondrer.

Une lueur fragile existe cependant. Quelque quatre millions de déplacés ont pu regagner leur foyer dans des zones où les combats se sont provisoirement apaisés, notamment à Khartoum, l'ancienne capitale dévastée. Deux millions d'autres pourraient les rejoindre d'ici la fin de l'année, selon les projections onusiennes. Mais ces retours restent précaires, tributaires d'une accalmie que chaque offensive nouvelle peut effacer en quelques heures.

Au Conseil de sécurité de l'ONU, les appels à un cessez-le-feu humanitaire se succèdent. Ils restent, pour l'heure, sans écho concret sur le terrain. La diplomatie internationale, accaparée par d'autres théâtres de crise, peine à mobiliser l'attention politique que la tragédie soudanaise exige.

Le Soudan a besoin d'attention. L'Afrique, première concernée par la déstabilisation d'un de ses membres les plus peuplés, ne peut se permettre de détourner le regard. Le silence n'est pas une option.

Rédaction Akondanews.net — Abidjan

Tags :Internationalconflits

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