RDC : E. Ndayishimiye échoue dans sa mission de médiation face à l’opposition et aux Églises congolaises
Quatre jours après les consultations tenues à Gitega, capitale administrative du Burundi, le Président burundais, en sa qualité de Président en exercice de l’Union Africaine, Evariste Ndayishimiye, a échoué dans sa mission de médiation auprès de l’opposition et des Églises congolaises. L’objectif était de tenter de résoudre la crise politique qui prend de l’ampleur sur toute l’étendue du territoire.


La Coalition de l’Article 64 a apporté, jeudi, des précisions sur sa rencontre avec le président burundais Évariste Ndayishimiye. Elle affirme que cette audience a été sollicitée à l’initiative exclusive du chef de l’État burundais, à la suite de ses échanges avec le président Félix Tshisekedi.[C64]
Contacté par Akondanews.net, Marley Vuvu, membre du Présidium de la plateforme de l’opposition, a réaffirmé le rejet de tout dialogue avec le pouvoir tant que le président Félix Tshisekedi n’aura pas renoncé publiquement à son projet de révision ou de changement de la Constitution. La C64 exige également la libération des prisonniers politiques ainsi que l’abandon des poursuites judiciaires qu’elle qualifie de politiquement motivées.
Il a ajouté que la C64 a lancé un appel à une mobilisation massive pour la marche pacifique annoncée le 22 juillet en direction du Palais de la Nation. Cette manifestation vise notamment à réclamer la démission du président de la République, que la coalition accuse de « trahison du serment conformément à l’article 74 de la Constitution actuelle ».
Cette rencontre a été boycottée par l’AFC/M23 ainsi que par le groupe de l’ancien président de la République, Joseph Kabila. Ils accusent E. Ndayishimiye d’être partie prenante au conflit congolais, en raison de son soutien à Félix Tshisekedi dans le cadre de la coopération militaire.
De la situation sécuritaire à l’Est
La situation sécuritaire à l’Est de la République Démocratique du Congo reste tendue. Les rebelles exercent une pression sur plusieurs territoires, dont Fizi et Baraka, avec la prise du « Point Zéro » qui ouvre la voie vers les provinces du Tanganyika, du Lualaba et du Haut-Katanga.
Pendant ce temps, les discours politiques à Kinshasa sont davantage orientés vers le projet de changement de la Constitution. Aucun effort notable n’est déployé pour renforcer les capacités des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, qui comptent sur l’Accord de Washington. Cet accord peine toutefois à porter ses fruits, sept mois après sa signature par les présidents congolais et rwandais en présence de Donald Trump.
La superposition des processus de paix ne facilite pas la matérialisation d’une paix durable, en raison d’une attitude de tâtonnement de la part de Kinshasa. Le pouvoir mise sur sa légitimité pour imposer un dialogue interne, mais en exclut certaines composantes essentielles à ce processus.
Raphael LUMOO
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