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APRÈS PÉKIN, L'OCCIDENT ENCAISSE — ET SE TAIT

La déclaration Poutine-Xi du 20 mai a glacé Washington, désarmé Bruxelles et laissé Kyiv face à ses doutes. Tour du monde des réactions.

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  APRÈS PÉKIN, L'OCCIDENT ENCAISSE — ET SE TAIT

Le sommet de Pékin du 20 mai n'a pas seulement produit des textes. Il a produit un silence — celui des capitales occidentales, visiblement prises de court par l'ampleur de l'affichage sino-russe, intervenu à peine six jours après la visite de Donald Trump en Chine.

Washington : entre gêne et déni

La Maison-Blanche n'a pas réagi officiellement à la déclaration conjointe. Significatif. Si les États-Unis espéraient que Pékin puisse être convaincu de réduire son soutien à la Russie, ce déplacement n'a guère dû les rassurer. Trump lui-même, pourtant prompt à commenter sur ses réseaux, a simplement déclaré qu'il s'entendait « bien avec les deux » — une formule qui tient davantage de l'esquive que de la stratégie.

La réalité est cinglante : la Chine fournit à la Russie un appui économique, militaire et diplomatique depuis que Moscou a lancé son invasion de l'Ukraine en 2022. Cet appui s'est avéré déterminant pour permettre à Poutine de poursuivre son effort de guerre malgré des pertes croissantes. Le sommet de Pékin vient de confirmer que cet appui n'est pas près de s'arrêter.

Bruxelles et Kyiv : l'espoir évaporé

En Europe, le choc est palpable. Mercredi, l'espoir d'une distanciation chinoise vis-à-vis de Moscou a semblé s'évaporer lorsque Poutine et Xi ont signé leur déclaration conjointe et célébré la solidité de leur lien « inébranlable ». Ce texte prévoit aussi un renforcement de la coopération entre leurs forces armées.

Pour Kyiv, le signal est douloureux. Pékin a globalement tenté de maintenir une position de neutralité sur l'Ukraine, mais le pays suit de près l'issue de la guerre et souhaite probablement voir son allié stratégique l'emporter à terme. La déclaration du 20 mai rend cette neutralité de façade encore plus difficile à tenir.

Trump joue l'équilibriste — sans filet

Paradoxalement, c'est Trump qui a tenté de minimiser la portée du sommet. Selon des sources citées par la presse internationale, le président américain a décrit les entretiens Poutine-Xi comme « une évolution positive ». Selon les experts, Poutine cherchait auprès de son homologue chinois l'assurance que la décrispation tentée avec les États-Unis ne se ferait pas aux dépens de Moscou. Il l'a obtenue, publiquement, solennellement, par écrit.

Pendant ce temps, Pékin et Washington négociaient en parallèle des réductions de droits de douane portant sur 30 milliards de dollars. La Chine commerce avec l'Amérique, s'allie avec la Russie et laisse les deux croire qu'ils ont son oreille. C'est cela, la grande stratégie de Pékin en 2026.

Ce que le monde retient

Le sommet du 20 mai a envoyé trois messages clairs à la communauté internationale. Premièrement, l'alliance sino-russe n'est pas conjoncturelle — elle est structurelle, documentée, militarisée. Deuxièmement, la Chine ne choisira pas entre Washington et Moscou — elle entend tirer parti des deux. Troisièmement, le monde multipolaire n'est plus un slogan de tribune : il est désormais inscrit dans un traité signé devant les caméras du monde entier.

Pour les pays du Sud, et l'Afrique en particulier, ce basculement confirme une réalité que beaucoup avaient déjà anticipée : le temps où un seul camp dictait les règles du jeu mondial est bel et bien révolu.

Rédaction Akondanews.net — Abidjan

Tags :InternationalGéopolitique

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