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MONDE MULTIPOLAIRE : CE QUE LA DÉCLARATION DE PÉKIN CHANGE CONCRÈTEMENT POUR L'AFRIQUE

Trois pays africains siègent aux BRICS, deux autres en sont partenaires. Depuis le 20 mai, le terrain de jeu a changé — voici comment.

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MONDE MULTIPOLAIRE : CE QUE LA DÉCLARATION DE PÉKIN CHANGE CONCRÈTEMENT POUR L'AFRIQUE

La déclaration signée à Pékin le 20 mai 2026 par Vladimir Poutine et Xi Jinping n'est pas qu'un texte diplomatique de plus. Pour l'Afrique, elle constitue une boussole nouvelle — et un ensemble de défis concrets que les capitales du continent vont devoir gérer dès aujourd'hui.

Qui est concerné sur le continent ?

L'Égypte et l'Éthiopie sont membres à part entière des BRICS depuis 2024, aux côtés de l'Afrique du Sud, membre fondateur. Cet élargissement a considérablement renforcé le poids géopolitique du groupe, désormais présent dans des régions clés du continent. Le Nigeria, première économie d'Afrique, a rejoint le bloc en janvier 2025 en tant que pays partenaire, avec des intérêts convergents autour de la réforme de la gouvernance mondiale.

Cinq économies africaines majeures sont donc directement concernées par ce que Pékin et Moscou viennent d'officialiser.

Concrètement, qu'est-ce que cela change ?

Premier changement : la monnaie. Les échanges commerciaux entre la Russie et la Chine se font désormais exclusivement en yuans et en roubles, hors des circuits financiers occidentaux. Ce précédent ouvre la voie à des transactions Afrique-BRICS de plus en plus déconnectées du dollar — une opportunité pour réduire l'exposition aux fluctuations du billet vert, mais aussi un risque de fragilité pour les pays dont les réserves restent libellées en dollars.

Deuxième changement : le poids diplomatique. La déclaration prévoit un alignement diplomatique encore plus serré entre Moscou et Pékin sur toutes les grandes crises mondiales. Pour l'Égypte, l'Éthiopie et l'Afrique du Sud, cela signifie que leurs positions au sein des BRICS seront de plus en plus gravitées par ce bloc sino-russe — ce qui renforce leur marge de manœuvre face à l'Occident, mais réduit leur espace d'autonomie au sein même du groupe.

Troisième changement : le sommet de New Delhi en septembre. Poutine participera au sommet des BRICS à New Delhi en septembre 2026, où la rhétorique multipolaire portée par cette déclaration devrait occuper une place centrale. Les membres africains devront y arbitrer entre leur appartenance au bloc et leurs relations bilatérales avec l'Union européenne et les États-Unis — un numéro d'équilibriste qui se complique à chaque sommet.

La grande mise en garde

Pour de larges segments du monde politique africain, les BRICS constituent une alternative salutaire à la domination occidentale. Mais entre l'Afrique et ce club hétérogène, la relation demeure très inégale, tendant même à reproduire l'ancienne dichotomie Nord-Sud. L'essor de l'Afrique ne reposera pas sur les BRICS — il dépendra de sa capacité à s'engager dans un projet de développement propre.

La déclaration de Pékin offre à l'Afrique un levier supplémentaire. Elle ne lui offre pas de stratégie. C'est aux dirigeants africains de la construire — avant que d'autres ne la construisent à leur place.

Rédaction Akondanews.net — Abidjan

Tags :AnalyseDécryptage

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