Ghana : Accra durcit le ton contre la mendicité organisée et reconduit des ressortissants étrangers
Les autorités ghanéennes ont lancé une opération de grande ampleur contre la mendicité organisée dans les rues d’Accra et d’autres grands centres urbains, avec l’interpellation de plusieurs dizaines de ressortissants étrangers et leur reconduite vers leurs pays d’origine, selon des informations rapportées à Accra.

Présentée par les autorités comme une opération de salubrité publique et de contrôle migratoire, cette initiative vise particulièrement ce que l’exécutif qualifie de « mendicité professionnelle », un phénomène qui, selon les autorités, prend de l’ampleur dans les principales métropoles du pays.
À Accra, plusieurs dizaines de personnes, majoritairement présentées comme des ressortissants nigériens, ont été interpellées alors qu’elles sollicitaient des dons dans les rues de la capitale. Elles ont ensuite été reconduites vers leur pays d’origine dans le cadre des mesures engagées par les autorités.
Pour le gouvernement, l’opération répond à la nécessité de lutter contre des réseaux qui organiseraient la mendicité et exploiteraient des personnes vulnérables.
« Il s’agit de mettre un terme à des réseaux structurés qui exploitent la vulnérabilité des individus et dégradent l’espace public », a indiqué une source proche du dossier à Accra, ajoutant que les autorités souhaitent « renforcer fermement le contrôle de la présence étrangère et assainir la voie publique ».
La décision d’Accra intervient dans un contexte régional marqué par des débats récurrents sur la circulation des personnes, l’immigration et la gestion des activités informelles dans les grandes agglomérations ouest-africaines.
La reconduite de ressortissants étrangers interpelle notamment sur l’application des principes communautaires de libre circulation au sein de l’espace ouest-africain. Ces principes, au cœur du processus d’intégration régionale, doivent composer avec les prérogatives des Etats en matière de sécurité et de contrôle de leur territoire.
Le phénomène de la mendicité urbaine concerne également d’autres pays de la sous-région. En Côte d’Ivoire, notamment à Abidjan, la présence de personnes se livrant à la mendicité dans les espaces publics alimente régulièrement les discussions sur l’occupation du domaine public, la sécurité et la protection des populations vulnérables.
La fermeté affichée par les autorités ghanéennes pourrait ainsi nourrir le débat dans d’autres capitales ouest-africaines sur les moyens de lutter contre les réseaux de mendicité, tout en respectant les droits des personnes concernées.
Au-delà de la seule question sécuritaire, l’opération soulève donc un défi plus large pour les gouvernements de la région : concilier la régulation de l’espace public et le contrôle migratoire avec les engagements communautaires en matière de libre circulation et la nécessité d’apporter une réponse sociale aux situations de précarité.
Pour Accra, l’objectif affiché demeure de restaurer l’ordre dans les espaces publics et de contenir l’implantation de réseaux de mendicité organisée, alors que le débat sur la manière de traiter durablement ce phénomène reste ouvert dans plusieurs pays de la sous-région.
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