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Abidjan : Vincent Toh Bi alerte sur le retour des « gnambros » dans les gares routières

Les « gnambros », ces acteurs informels du transport régulièrement accusés de racket et de violences dans les gares routières, seraient de nouveau très présents à Abidjan et à l’entrée de certaines villes ivoiriennes, selon l’ancien préfet d’Abidjan, Vincent Toh Bi Irié. Dans une publication faite sur sa page Facebook lundi 17 août 2026, l’ex-administrateur civil revient sur les opérations de sécurisation menées sous son autorité en 2019 et s’interroge sur la résurgence de ce phénomène.

Serge Kpan3 min de lecture
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Abidjan : Vincent Toh Bi alerte sur le retour des « gnambros » dans les gares routières

« Apparemment, les gnambros sont de retour et en très bonne forme. On les voit dans les gares et à l’entrée des villes. C’est reparti… », écrit Vincent Toh Bi, en conclusion de sa publication, tout en dressant le bilan de son expérience à la tête de la préfecture d’Abidjan.

L’ancien préfet évoque notamment plusieurs épisodes violents auxquels il dit avoir été confronté en 2019. Il rapporte notamment le meurtre d’un rival par des membres de ce milieu à Koumassi, dont le corps aurait été traîné sur plusieurs dizaines de mètres dans une rue, dans ce qu’il décrit comme un acte destiné à intimider les autres groupes concurrents.

La même année, raconte-t-il, il aurait également été témoin, à proximité d’une gare routière, de l’agression d’une femme qui refusait de s’acquitter d’un « droit de sol » de 200 francs CFA par bagage. « Cette taxe est payée non pas à l’Etat de Côte d’Ivoire ou aux Ebriés, propriétaires de la terre, mais aux gnambros, les mafieux du monde du transport », affirme-t-il.

Le décès d’un jeune gendarme à Yopougon, dans le secteur de Saint-André, constitue, selon lui, un autre événement ayant renforcé sa détermination à agir contre le phénomène.

« Depuis des mois, avec des renseignements informels et officiels, je compilais déjà énormément de données sur l’activité criminelle des gnambros à Abidjan », explique Vincent Toh Bi, estimant qu’en tant que préfet, il aurait été « absurde de négliger un tel phénomène ».

Sur la base des informations recueillies, des opérations de sécurisation des gares routières et des principaux axes liés au transport avaient alors été engagées, avec la Gendarmerie nationale en première ligne, suivie de la Police nationale.

Selon l’ancien préfet, ces opérations avaient permis de « ramener l’ordre républicain » à Koumassi, Yopougon et dans plusieurs autres secteurs d’Abidjan. « Des centaines de gnambros ont été mis aux arrêts et leurs groupements démantelés », affirme-t-il.

Vincent Toh Bi soutient également que les activités de racket attribuées à ces groupes généraient des revenus considérables. Il évoque « des centaines de millions de francs CFA par mois » et dénonce des « structures d’organisation de type mafieux », qui auraient tiré profit des transporteurs et des populations.

Il assure par ailleurs que plusieurs organisations professionnelles du secteur avaient accueilli favorablement les opérations. « Pendant l’opération, je recevais à mon bureau tous les jours tous les grands syndicats de transporteurs, qui venaient spontanément m’exprimer leurs remerciements », relate-t-il, affirmant que ces acteurs subissaient depuis plusieurs décennies « le racket et la tyrannie des gnambros ».

L’ancien préfet estime que certaines personnes avaient pourtant contesté ces opérations, mais dit avoir considéré que celles-ci répondaient avant tout à une exigence de protection des populations et de restauration de l’autorité de l’Etat.

Plus largement, cette résurgence supposée conduit Vincent Toh Bi à poser la question de la responsabilité des autorités face aux phénomènes sociaux susceptibles, selon lui, d’affecter durablement le fonctionnement de l’Etat.

« Quand on détient un pouvoir administratif, institutionnel, sécuritaire, politique, pourquoi on ferme les yeux face à des phénomènes sociaux anormaux ou des dysfonctionnements qui risquent de changer la structure de l’Etat demain ? », s’interroge-t-il.

À travers cette publication, l’ancien préfet remet ainsi au centre du débat la question de la régulation des activités dans les gares routières et de la présence de groupes informels dans le transport. Son témoignage de 2019 se veut également un appel à une réponse institutionnelle face à ce qu’il présente comme un phénomène susceptible de fragiliser l’ordre public et la sécurité des usagers.

Tags :AfriqueSociété

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