CAN 2027 : l’Afrique du football entre dans une nouvelle ère avec 28 nations engagées

Une CAN en constante expansion
Depuis sa création en 1957 avec seulement trois nations, la Coupe d’Afrique des Nations n’a cessé de grandir. Le tournoi est passé à 8 équipes, puis 16, avant d’atteindre 24 participants en 2019 lors de l’édition organisée en Égypte.
Ce format à 24 équipes n’aura finalement duré que sept années. Dès 2027, vingt-huit nations auront désormais accès à la phase finale, signe d’une volonté claire : démocratiser davantage l’accès à la plus grande scène footballistique africaine.
Cette évolution s’inscrit dans une dynamique mondiale où les grandes compétitions internationales élargissent progressivement leur format, à l’image de la Coupe du monde de la FIFA.
Un nouveau système plus ouvert
Avec 28 équipes, la CAN adoptera un modèle plus inclusif, offrant davantage d’opportunités aux sélections émergentes. Plusieurs pays régulièrement proches de la qualification pourront désormais espérer intégrer le tableau final.
Le système des meilleurs troisièmes, déjà connu dans le format à 24 équipes, devrait également être revu. Selon les premières indications, seuls deux meilleurs troisièmes seraient repêchés pour rejoindre les huitièmes de finale, ce qui imposera une exigence sportive encore plus élevée dès les matchs de groupes.
Autrement dit, la marge d’erreur se réduira et chaque rencontre comptera davantage.
Une décision aux enjeux multiples
Derrière cette réforme, plusieurs objectifs stratégiques apparaissent :
1. Représenter davantage l’Afrique du football
Le continent compte 54 fédérations affiliées à la CAF. Beaucoup de nations progressent rapidement, investissent dans leurs infrastructures et développent leurs centres de formation. Limiter la phase finale à 24 équipes devenait, pour certains observateurs, trop restrictif.
2. Stimuler la compétitivité continentale
En ouvrant la compétition, la CAF espère élever le niveau général. Les nations intermédiaires pourront acquérir de l’expérience au plus haut niveau, ce qui réduira progressivement l’écart avec les grandes puissances historiques.
3. Renforcer l’attractivité économique
Plus de matchs, plus de pays qualifiés, plus de supporters mobilisés : la CAN 2027 promet un impact médiatique et commercial accru. Droits télévisés, sponsoring, tourisme sportif et consommation numérique devraient bénéficier de cette expansion.
Le bilan du format à 24 équipes
Depuis l’introduction du format élargi en 2019, seules quatre nations ont réussi à soulever le trophée :
Algérie (2019)
Sénégal (2021)
Côte d’Ivoire (2023)
Maroc (2025)
Ce constat montre que l’ouverture du tournoi n’a pas empêché les grandes nations structurées de conserver leur domination. Mais plusieurs sélections dites outsiders ont, durant cette période, gagné en crédibilité.
Opportunité ou dilution du niveau ?
Comme toute réforme, cette décision suscite débat.
Les partisans y voient une avancée logique, permettant à davantage de peuples africains de vivre la CAN de l’intérieur.
Les critiques craignent en revanche un affaiblissement du niveau technique lors du premier tour, ainsi qu’un calendrier plus lourd pour les clubs européens employant de nombreux internationaux africains.
La réussite dépendra donc de l’organisation, des infrastructures du pays hôte et de la capacité de la CAF à maintenir l’exigence sportive.
Un signal politique fort pour le continent
Au-delà du football, la CAN reste un symbole panafricain majeur. Chaque édition rassemble des millions de téléspectateurs, transcende les frontières linguistiques et offre au continent une vitrine mondiale.
En passant à 28 équipes, la CAF envoie un message clair : l’Afrique veut compter davantage, représenter davantage et gagner davantage dans l’économie mondiale du sport.
Perspective Akondanews
La CAN 2027 pourrait marquer le début d’un nouveau cycle continental. Si cette expansion est bien structurée, elle permettra à de nouveaux talents, de nouvelles nations et de nouveaux marchés d’émerger.
Le défi sera simple : grandir sans perdre l’excellence.
Car plus qu’un tournoi, la Coupe d’Afrique des Nations demeure le miroir des ambitions africaines.
Commentaires (0)
Articles liés

Pretoria hausse le ton : l’Afrique du Sud refuse la diplomatie des sommets imposés

Air Tanzania ouvre la ligne Dar es Salaam–Moscou : un nouveau signal stratégique entre l’Afrique et la Russie

Après sa tournée africaine, le pape Leo rentre à Rome en laissant un message qui dérange les grandes puissances
