Côte d'Ivoire : Vincent Toh Bi alerte sur l'installation d'une « culture de la mendicité » dans la société
L'ancien préfet d'Abidjan, Vincent Toh Bi, a exprimé son inquiétude face à ce qu'il considère comme une généralisation des sollicitations d'argent en Côte d'Ivoire. Dans une publication rendue publique, il estime que cette pratique, selon lui désormais présente dans de nombreux secteurs de la vie quotidienne, constitue un phénomène social préoccupant qui dépasse les seules situations de précarité.

Selon l'ancien haut fonctionnaire, la demande d'argent est devenue un réflexe dans plusieurs administrations publiques, entreprises privées, établissements bancaires, lieux de culte ainsi que dans certains services destinés au public.
« Je ne sais pas exactement à quel moment la Côte d'Ivoire a commencé à basculer dans une culture totale de la mendicité. Je ne parle pas ici de ceux qui n'ont pas de moyens de subsistance pour leur vie sociale ou de ceux en grande souffrance financière. Je parle de ceux qui mendient parce qu'il faut demander », écrit-il.
Pour Vincent Toh Bi, cette évolution traduit un changement de comportements qui ne se limite plus aux personnes en situation de vulnérabilité économique. Il affirme que ces sollicitations sont désormais observées « partout et à tout le monde », y compris au sein des institutions de la République, des administrations, des banques, des entreprises privées et des lieux de culte.
Illustrant son propos, il évoque également les toilettes publiques et privées, où, selon lui, des demandes d'argent accompagnent parfois les prestations les plus élémentaires. « Même dans les toilettes publiques et privées, on demande l'argent. C'est à peine si ceux qui font l'entretien de ces toilettes ne veulent pas vous aider à uriner, pour quelques pièces en retour », déclare-t-il.
Cette prise de position intervient dans un contexte où les questions liées aux comportements sociaux, à l'éthique dans les services et aux rapports entre usagers et prestataires alimentent régulièrement le débat public en Côte d'Ivoire. Toutefois, l'ancien préfet ne fournit ni données chiffrées ni éléments permettant de mesurer l'ampleur du phénomène qu'il décrit.
En relançant le débat sur les pratiques de sollicitation d'argent dans les espaces publics et privés, cette déclaration pourrait nourrir les réflexions sur les valeurs civiques, la qualité des services et les interactions entre citoyens au sein de la société ivoirienne.
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