Côte d’Ivoire : Marie Odette Lorougnon interpelle Fatou Bensouda sur le procès Gbagbo
La vice-présidente du Parti des Peuples Africains Côte d'Ivoire (PPA-CI) Marie Odette Lorougnon Gnabry a vivement critiqué les déclarations de l’ancienne procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, qui affirme avoir été « traitée comme une criminelle ». Elle lui reproche notamment son rôle dans les poursuites engagées contre l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, finalement acquitté par la juridiction internationale.

Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, Mme Lorougnon Gnabry estime que les propos de l’ancienne procureure suscitent une profonde indignation, au regard des conséquences humaines et politiques de la procédure judiciaire visant l’ex-chef de l’État ivoirien.
L’ancienne dirigeante du Front populaire ivoirien (FPI) rappelle que Laurent Gbagbo a été acquitté en première instance le 15 janvier 2019, avant que cette décision ne soit définitivement confirmée en appel le 31 mars 2021.
Elle souligne que l’ancien président a passé plusieurs années en détention dans le cadre de cette procédure, une expérience qu’elle présente comme une profonde injustice envers l’intéressé, sa famille et ses partisans.
Pour Marie Odette Lorougnon Gnabry, les déclarations de Fatou Bensouda soulèvent la question de la cohérence dans la défense des droits et du respect de la présomption d’innocence. Elle estime que les personnes ayant exercé des responsabilités judiciaires doivent également être disposées à entendre les critiques relatives à leurs décisions et à leurs actes professionnels.
« La justice ne peut pas être une exigence pour soi et une option pour les autres », affirme-t-elle, plaidant pour une justice impartiale, équitable et indépendante.
La vice-présidente va plus loin en accusant l’ancienne procureure d’avoir contribué à une entreprise visant à écarter politiquement Laurent Gbagbo. Elle évoque également de supposées pressions extérieures, sans toutefois apporter, dans son texte, d’éléments permettant d’étayer ces accusations.
Un débat qui reste politiquement sensible
L’acquittement définitif de Laurent Gbagbo demeure un épisode majeur de l’histoire politique récente de la Côte d’Ivoire. Pour ses partisans, cette décision constitue une victoire judiciaire et politique. Les critiques formulées contre l’ancienne procureure s’inscrivent dans cette lecture de la procédure devant la CPI.
Au-delà de la controverse, cette prise de position remet en lumière les débats sur la responsabilité des acteurs judiciaires internationaux, les conséquences humaines des longues procédures pénales et la perception de l’impartialité de la justice.
Les accusations formulées par Marie Odette Lorougnon Gnabry relèvent toutefois de son appréciation politique et personnelle. L’acquittement de Laurent Gbagbo ne suffit pas, à lui seul, à démontrer que les poursuites initiales procédaient d’une volonté délibérée de le condamner ou de l'écarter de la vie politique.
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