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Côte d’Ivoire / Karasso: les difficultés d’accès aux soins inquiètent les populations

Les populations de Karasso, village d’environ 1 560 habitants dans le district du Denguélé, sont confrontées à des difficultés d’accès aux soins de santé, marquées notamment par des plaintes concernant la disponibilité des médicaments, la prise en charge des femmes enceintes et l’insuffisance des moyens d’évacuation des malades. Des responsables communautaires appellent les autorités compétentes à intervenir pour améliorer le fonctionnement de l’établissement sanitaire.

Serge Kpan4 min de lecture
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Côte d’Ivoire / Karasso: les difficultés d’accès aux soins inquiètent les populations

Lors d’une visite effectuée samedi 24 octobre, plusieurs interlocuteurs ont fait état de dysfonctionnements qui, selon eux, affectent la qualité des soins et la confiance des populations envers leur structure sanitaire.

Le président du Comité de gestion des établissements sanitaires (COGES) de Karasso, Koné Salifou, évoque notamment des plaintes récurrentes concernant les ruptures de médicaments. Il affirme avoir lui-même constaté des écarts entre les livraisons annoncées et la disponibilité des produits quelques jours plus tard.

« Je me suis rendu plusieurs fois à l’hôpital et j’ai obtenu l’autorisation de vérifier l’arrivée des médicaments. En tant que trésorier, j’ai pu constater que des médicaments étaient livrés. Pourtant, deux ou trois jours plus tard, on nous disait qu’il n’y en avait plus », témoigne-t-il.

Il indique avoir sollicité des vérifications auprès des responsables, sans toutefois fournir de conclusions détaillées permettant d’établir les causes de ces ruptures.

La prise en charge des femmes enceintes constitue une autre source de préoccupation. Selon le président du COGES, certaines patientes seraient orientées vers d’autres structures lorsqu’elles se présentent pour accoucher sans avoir effectué les consultations prénatales ou les échographies recommandées.

Ces situations, estime-t-il, entraîne de nombreux accouchements à domicile, en cours de route ou dans d’autres établissements sanitaires. Il plaide pour une évaluation préalable de l’état des patientes afin de déterminer les possibilités de prise en charge avant toute référence.

Fanny Lanciné, dit Lass CECOS, un jeune de Karasso, dénonce également des difficultés qu’il attribue au manque de personnel médical et de moyens matériels.

« L’hôpital de mon village est malade, très malade », lance-t-il, évoquant notamment le cas d’une femme arrivée vers 23 heures ou minuit pour accoucher, alors que, selon son témoignage, le personnel nécessaire n’était pas disponible pour assurer correctement sa prise en charge.

Il dit craindre que ces insuffisances ne mettent en difficulté les malades et leurs familles, particulièrement les femmes enceintes confrontées à une urgence.

Agent de santé communautaire (ASC), Fofana Dramane, alias Thomas, insiste sur l’importance des consultations prénatales et de la mobilisation communautaire pour réduire les risques liés à la grossesse.

Il appelle les femmes à respecter leurs rendez-vous médicaux et à suivre les recommandations du personnel de santé, tout en soulignant le rôle des conjoints, des chefs de village, des anciens et des autres membres de la communauté.

« La sensibilisation ne doit pas être uniquement l’affaire des agents de santé. Les maris, les parents, les anciens, les chefs communautaires et l’ensemble de la population doivent s’impliquer », affirme-t-il.

Il estime que les initiatives de prévention doivent être renforcées au sein des familles et des communautés, sans se substituer à la nécessité de disposer de services sanitaires fonctionnels.

Le chef du village de Karasso, Koné Karim, dit recevoir régulièrement des informations faisant état de difficultés dans la prise en charge des patients, notamment en matière de vaccination et d’accouchement.

Il déplore les conditions dans lesquelles certaines femmes accoucheraient, évoquant l’absence d’une maternité adaptée, et demande un renforcement durable des moyens sanitaires.

« Je sollicite particulièrement une ambulance pour faciliter l’évacuation des malades vers d’autres hôpitaux lorsque leur état de santé l’exige. J’ai également besoin d’une maternité pour permettre aux femmes d’accoucher dans de meilleures conditions. Enfin, j’ai besoin d’un infirmier permanent », plaide-t-il.

Le chef du village appelle ainsi les autorités compétentes à mettre à disposition une ambulance, à construire une maternité et à assurer la présence permanente d’un personnel soignant qualifié.

À Karasso, les témoignages recueillis mettent en évidence des préoccupations relatives à la disponibilité des médicaments, aux ressources humaines et à la prise en charge des urgences obstétricales. La vérification de ces allégations auprès des responsables sanitaires concernés, ainsi que des mesures concrètes pour améliorer l’offre de soins, apparaissent nécessaires pour répondre aux attentes des populations.

Tags :AfriqueSanté

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