Côte d'Ivoire/ Justice : Derrière le scandale du PPEF, la piste d'une implacable « guerre des services »
Alors que les accusations de corruption secouent le Pôle pénal économique et financier d’Abidjan, un nouvel élément suggère qu'une rivalité entre unités d'enquête et les dérives d'un informateur véreux pourraient être au cœur de cette tempête politico-judiciaire.

C’est une affaire aux multiples rebondissements qui prend désormais les allures d’un polar institutionnel. Alors que l’opinion publique abidjanaise s’interrogeait sur l'ampleur d'un présumé réseau d'extorsion adossé à la justice financière, des éléments récents viennent dresser un tout autre tableau : celui d’une vive tension entre services d’enquête et de la manipulation des aveux d’un « indic » aux abois.
De l'informateur au racketteur
Au centre de ce nouvel engrenage se trouve Cheick Berthé, un ancien détenu d'origine malienne. Utilisé un temps comme informateur par le Pôle pénal économique et financier (PPEF) en raison de ses connexions avec les milieux criminels en prison, l'homme aurait dévié de sa mission. À sa sortie d’incarcération, il est accusé d'avoir utilisé le nom et le prestige du PPEF pour extorquer des fonds à des opérateurs économiques.
Traqué par les services de sécurité, l'informateur s'était réfugié au Ghana avant de refaire surface discrètement dans la zone de Grand-Bassam, où il a finalement été interpellé.
Le « clan de Sebroko » contre le PPEF ?
C'est sur la base des dénonciations formulées par Cheick Berthé lors de son arrestation que les enquêteurs de la Gendarmerie basés à Sebroko ont engagé des poursuites et interpellé des gendarmes en service au PPEF.
Pour plusieurs observateurs et sources proches du dossier, cette tournure s’apparente à une véritable « guerre des unités d'enquête ». Des « mains obscures » chercheraient à exploiter les propos de l'indic pour fragiliser la présidence de la juridiction spécialisée et porter atteinte à sa réputation.
Le soutien réaffirmé de la tutelle et de Washington
Face à cette surenchère, le ministère de la Justice pmaintient son soutien sans faille aux responsables du PPEF.
La tutelle rappelle que l'institution ne récolte que des « satisfécits » des partenaires américains, citant notamment une invitation officielle aux États-Unis de la présidente du pôle pénal en décembre 2026.
Entre dénonciations de corruption, dérives d’informateurs et rivalités d'enseignes sécuritaires, la justice ivoirienne fait face à une crise de lisibilité majeure, où la frontière entre investigation légitime et règlements de comptes internes demeure particulièrement ténue.
abossia Ferké
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