RDC : l'épidémie d'Ebola franchit la barre des 3 500 morts, la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays
L'épidémie de maladie à virus Ebola qui frappe le nord-est de la République démocratique du Congo depuis le mois de mai continue sa progression meurtrière. Selon le ministère congolais de la Communication, le pays comptait au 13 septembre 7 258 cas confirmés, dont 3 510 décès et 1 726 guérisons. Plus de 900 patients restent actuellement hospitalisés, pour un taux de létalité de 48,4 %.

Déclarée le 15 mai 2026 dans la province de l'Ituri, cette épidémie la dix-septième que connaît la RDC depuis la découverte du virus en 1976 — est devenue la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays. Elle est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante rare pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n'est homologué à ce jour, ce qui complique considérablement la riposte sanitaire.
Les chiffres communiqués par les autorités congolaises confirment une accélération de la propagation ces dernières semaines. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans sa dernière mise à jour publiée le 10 septembre, faisait déjà état de 6 757 cas confirmés et 3 267 décès en RDC au 7 septembre, avec un taux de létalité de 48,3 %. Elle précisait que 963 cas confirmés supplémentaires, dont 481 décès, avaient été enregistrés en l'espace de dix jours seulement.
L'épidémie s'est étendue à 61 zones de santé réparties dans six des vingt-six provinces du pays : l'Ituri épicentre de la crise, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo. Des cas ont également été rapportés en dehors du territoire congolais, notamment en Ouganda et en France, ainsi que des patients évacués et traités en Allemagne, illustrant le risque de propagation transfrontalière que l'OMS ne cesse de souligner.
L'Organisation mondiale de la santé a alerté début septembre sur le manque criant de moyens humains et matériels pour faire face à l'afflux de malades. Près de 1 400 lits étaient alors installés dans 59 centres de traitement, un chiffre jugé très insuffisant : l'OMS estime qu'il faudrait environ 1 600 lits supplémentaires pour atteindre une capacité de 3 000 places, ainsi que la mobilisation de près de 9 000 soignants, dont environ 5 000 recrutements supplémentaires.
Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a par ailleurs indiqué début septembre que le plan de riposte piloté par le gouvernement congolais pour les six prochains mois nécessitait un financement de 1,3 milliard de dollars, appelant la communauté internationale à accélérer ses contributions.
La riposte se heurte à des difficultés structurelles anciennes : insécurité liée à la présence de groupes armés dans l'est du pays, déplacements de population, pauvreté et défiance de certaines communautés à l'égard des autorités sanitaires. L'OMS a rappelé que cette région de la RDC cumule depuis des décennies conflits armés, précarité et autres menaces sanitaires paludisme, malnutrition, maladies diarrhéiques qui alimentent parfois la méfiance envers la réponse à Ebola.
Selon l'OMS, la fin de l'épidémie en Ouganda, pays voisin également touché, a été confirmée fin août. Reste à savoir à quel rythme la RDC parviendra à enrayer à son tour la propagation du virus sur son propre territoire.
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