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PROCÈS DU BOMBARDEMENT DE BOUAKE : L’HONNEUR DE LA FRANCE EST SAUF MAIS DES INTERROGATIONS DEMEURENT

Les lampions sont Ă©teints Ă  Paris sur le procĂšs du bombardement par l’aviation ivoirienne du camp français Ă  BouakĂ© en 2004, avec Ă  la clĂ©, neuf (9)...
AkondaNews4 min de lecture
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PROCÈS DU BOMBARDEMENT DE BOUAKE : L’HONNEUR DE LA FRANCE EST SAUF MAIS DES INTERROGATIONS DEMEURENT

Les lampions sont Ă©teints Ă  Paris sur le procĂšs du bombardement par l’aviation ivoirienne du camp français Ă  BouakĂ© en 2004, avec Ă  la clĂ©, neuf (9) soldats français et un civil amĂ©ricains tuĂ©s.
Le verdict est connu : la condamnation Ă  vie des trois pilotes absents dans le box des accusĂ©s. Il s’agit du BiĂ©lorusse Yury Sushkin et des officiers ivoiriens, Ange Gnanduillet et Patrice OuĂ©.
Chacun en fonction de ses attentes y trouve certainement son compte. Les familles des soldats tuĂ©s, peuvent se satisfaire d’avoir enfin obtenu que ce procĂšs se tienne et certainement des dĂ©dommagements qui accompagneront. Les ministres De Villepin, Alliot-Marie et Barnier peuvent Ă©galement se satisfaire de s’en ĂȘtre sorti Ă  bon compte, en ayant conscience de n’avoir pas servi la vĂ©ritĂ©. Les ivoiriens de leur cĂŽtĂ©, se satisferont de voir le prĂ©sident Gbagbo lavĂ© de l’opprobre qu’on a voulu mettre sur lui.
Enfin, l’Etat français peut certainement se rĂ©jouir d’avoir sauvĂ© les meubles et de sortir de ce bourbier, l’honneur sain et sauf sans que sa responsabilitĂ© dans cette scabreuse affaire n’ait jamais Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e.
Finalement « tout le monde il est content, tout le monde il est gentil ».

Mais Ă  l’analyse, ce procĂšs n’a rien apportĂ© de nouveau qu’on ne sache dĂ©jĂ . Tout au contraire les zones d’ombre et les nombreuses interrogations qu’on avait avant, demeurent toujours ; et la principale interrogation n’a pas eu de rĂ©ponse : qui a donnĂ© l’ordre de prendre pour cible le local qui abritait les soldats français ?
 La prĂ©sence effective des pilotes biĂ©lorusses et ivoiriens Ă  ce procĂšs aurait permis d’avoir une rĂ©ponse Ă  cette violente question. Mais voulait-on vraiment savoir Ă  ce procĂšs de qui Ă©manait cet ordre ?

Une autre incongruitĂ© qu’on a dĂ©celĂ©e dans ce procĂšs, c’est la convocation Ă  la barre,  de l’officier ivoirien, co-pilote du BiĂ©lorusse Yury Sushkin, Ange Gnduillet. Il est de notoriĂ©tĂ© publique, que ce dernier est dĂ©cĂ©dĂ© depuis des annĂ©es. Comment les autoritĂ©s judiciaires françaises peuvent convoquer un mort Ă  la barre ?
A qui ont-ils remis la convocation ? Ou ont-ils vraiment convoquĂ© les pilotes ? Si elles ont fait cette dĂ©marche pourquoi ne se sont-elles pas rendu compte que l’officier ivoirien n’est plus de ce monde ?

Cet état de fait démontre à souhait que ce procÚs est une parodie trouvée pour contenter les familles des victimes  et calmer leur colÚre.
A ce procĂšs, il a Ă©tĂ© Ă©galement donnĂ© de voir le spectacle pathĂ©tique et dĂ©solant des tout-puissants ministres de Chirac, De Villepin, Alliot-Marie et Barnier,  allant de parjure en parjure, se renvoyant les responsabilitĂ©s comme des Ă©lĂšves du primaire, dans la droite ligne de : «  Monsieur ce n’est pas moi, c’est lui-lĂ  ! ». Finalement aucun d’entre eux n’est responsable de quoi que ce soit.

Les officiers militaires ne sont pas en reste. Si ces derniers sont formels que l’ordre de bombarder le camp français n’émanait pas du prĂ©sident Gbagbo, certains d’entre eux ont essayĂ© de ressusciter le story telling qui Ă©tait le leur en 2004. Pour ceux-ci, l’entourage « radical » du prĂ©sident Gbagbo, conscient de l’échec de l’opĂ©ration «  DignitĂ© », a dĂ©libĂ©rĂ©ment donnĂ© l’ordre aux pilotes du sukkhoĂŻ de s’en prendre au camp français, sans apporter ne serait-ce qu’un dĂ©but de preuve Ă  cette assertion qui pue le mensonge Ă  mille lieux.
De nombreux observateurs de l’opĂ©ration « DignitĂ© » Ă  cette Ă©poque, Ă©taient tous unanimes pour reconnaĂźtre que les frappes aĂ©riennes avaient dĂ©sorganisĂ© le dispositif des rebelles Ă  BouakĂ© et que ses principaux responsables avaient pris la clĂ© des champs.
En tout Ă©tat de cause, de ce procĂšs on retient que les trois pilotes accusĂ©s sont condamnĂ©s Ă  vie (certainement que l’officier Gnanduillet reviendra de l’au-delĂ  pour purger sa peine). Mais les ministres et tous les responsables français qui ont facilitĂ© la fuite des pilotes biĂ©lorusses n’ont pas Ă©tĂ© et ne seront jamais inquiĂ©tĂ©s. Ils ont dĂ©libĂ©rĂ©ment servi des mensonges Ă©hontĂ©s et s’en sortent Ă  bon compte. Les soldats tuĂ©s ont eu droit Ă  un procĂšs et leurs familles seront certainement indemnisĂ©es. Mais les morts ivoiriens devant l’HĂŽtel Ivoire des suites de cette histoire de BouakĂ©, eux passeront par pertes et profit.
A la fin de ce procùs, la France s’en sort avec l’honneur sauf et là se trouve l’essentiel !
Mais s’il y a eu un soir en Eburnie, il y aura assurĂ©ment un matin et l’ivraie sera sĂ©parĂ©e du vrai.

NAZAIRE KADIA, Analyste politique

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