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Pour refonder le système électoral / La société civile propose un « Livret Blanc »

Suite à la dissolution de la Commission Électorale Indépendante (CEI), un collectif massif de 1 780 organisations de la société civile (OSC) monte au créneau. À travers un plaidoyer rigoureux, elles proposent une architecture institutionnelle inédite pour rebâtir la confiance citoyenne et pérenniser la paix sociale à l'approche des futurs cycles démocratiques.

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Pour refonder le système électoral /  La société civile propose un « Livret Blanc »

En effet, les enseignements des scrutins passés continuent de nourrir la réflexion sur l'avenir démocratique de la Côte d'Ivoire. Si les élections de 2025 ont témoigné d'une réelle vitalité politique, elles ont également mis en exergue des fragilités institutionnelles persistantes. Ces lacunes, sources de tensions et d’interrogations récurrentes, affectent la confiance des populations envers les processus électoraux.

C'est dans ce contexte charnière, marqué par la dissolution de la Commission Électorale Indépendante, qu'un collectif de 1 780 organisations de la société civile (OSC) a dévoilé un document stratégique majeur : le « Livret Blanc pour le renforcement de la gouvernance électorale ».

Loin de se limiter à un simple remplacement d'institution, la démarche des OSC vise une refonte structurelle profonde reposant sur quatre piliers cardinaux : l'indépendance, la compétence, l'inclusivité et la transparence.

Une architecture institutionnelle tripartite et technique

La proposition phare de ce Livret Blanc réside dans la création d'un tout nouvel Organe de Gestion Électorale (OGE).

Pour ces organisations, conçu comme une institution publique pleinement indépendante, cet organe innove par une séparation stricte des fonctions stratégiques, techniques et pédagogiques. Sa structure s'articule autour de trois composantes interdépendantes : « Une Commission Électorale d'Experts composée de neuf personnalités qualifiées, choisies selon des critères rigoureux d'équilibre, de compétence et de représentativité. Ces experts siégeront pour un mandat unique de six ans non renouvelable, garantissant ainsi leur étanchéité face aux pressions politiques. Il y a aussi le Département Général du Fichier Électoral, une structure pérenne dédiée exclusivement à la gestion technique, à l'actualisation continue, à la fiabilité et à l'auditabilité du fichier électoral.

Afin d'écarter tout soupçon de partialité, ses dirigeants seront recrutés par appel public à candidatures, et le Département Général de l'Éducation Civique et Électorale, également permanent, ce département aura pour mission de pérenniser l’information, la sensibilisation et la formation des citoyens, élevant l'éducation électorale en une mission d'État continue ».

Des garanties de transparence et de consensus.

À en croire ces organisations, l’'inclusivité de cette nouvelle mouture se reflète dans la diversité des acteurs appelés à composer la Commission d'Experts. Le projet prévoit d'y associer les organisations de la société civile, les partis politiques (majorité comme opposition), les organisations de femmes, de jeunes, et de personnes en situation de handicap, ainsi que le monde académique, l'Ordre des avocats et le Conseil supérieur de la magistrature. De plus, la désignation de ses membres devra obligatoirement faire l'objet d'un consensus politique préalable.

Au-delà des réformes techniques, le Livret Blanc liste une série de recommandations pour moderniser le processus de digitalisation sécurisée des procès-verbaux et de la proclamation des résultats, la transparence accrue par la publication des résultats désagrégés par sexe et par âge dès l'échelle des bureaux de vote, l’évolution vers un enregistrement permanent sur les listes électorales, adossé à une révision annuelle transparente et l’inclusion renforcée par des mesures favorisant l'accessibilité des personnes en situation de handicap et l'engagement politique des femmes et des jeunes.

Pour opérationnaliser cette transition, le collectif propose une feuille de route progressive déclinée à court, moyen et long termes. La société civile appelle désormais l’ensemble de la classe politique et des institutions républicaines à s'approprier ces propositions dans un esprit de responsabilité et d'ouverture, tout en invitant les partenaires internationaux à accompagner techniquement et financièrement ce tournant historique pour la démocratie ivoirienne.

Anselme Koko

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