Odienné : la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Mali renforcent leur coopération pastorale
La première édition de la Semaine du pastoralisme de l’espace transfrontalier du Wassoulou s’est ouverte lundi à Odienné, dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire, avec pour ambition de renforcer la coopération entre la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Mali autour de la mobilité du bétail, de la sécurité et de la cohésion sociale.

Placée sous le thème « Mobilité transfrontalière du bétail, sécurité et cohésion sociale : bilan, défis et solutions partagées entre les États autour de l’espace Wassoulou », cette rencontre vise à consolider les acquis de la première phase du Projet élevage et pastoralisme intégrés et sécurisés en Afrique de l’Ouest (PEPISAO), tout en favorisant des réponses communes aux défis du secteur.

Initiée par le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), en collaboration avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Agence française de développement (AFD) et l’Union européenne, cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la deuxième phase du projet, dénommée PEPISAO-2.
Pour le coordonnateur du projet, Moussa Assoumane, cette semaine constitue une plateforme de dialogue permettant aux différents acteurs de partager leurs difficultés et de rechercher des solutions durables aux contraintes liées à la mobilité pastorale.

« Nous créons un cadre de dialogue entre les différents acteurs afin qu’ils partagent entre eux les difficultés et trouvent des solutions durables en termes de mobilité pastorale », a-t-il expliqué.
Le conseiller technique du Premier ministre ivoirien, Patrick Christian Kakou, a, pour sa part, réaffirmé l’engagement de la Côte d’Ivoire en faveur d’une coopération régionale renforcée dans les domaines de l’élevage et du pastoralisme.
« Notre pays reste engagé dans la recherche de solutions concertées permettant de concilier sécurité alimentaire, développement économique, préservation des ressources naturelles et cohésion sociale », a-t-il déclaré.

Il a souhaité que cette première édition aboutisse à des engagements concrets, notamment l’adoption d’une déclaration d’entente transfrontalière, l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle et la mise en place d’un mécanisme tripartite de suivi.
Le représentant de la CEDEAO, Dr Bio Goura Soulé, a également insisté sur la nécessité de renforcer la résilience des populations et de créer les conditions favorables à la libre circulation du bétail dans cet espace partagé par les trois pays.
« Nous allons profiter de cette opportunité pour jeter les bases d’une concertation de bon niveau, du renforcement de la résilience des populations afin de créer les conditions de la libre circulation des animaux », a-t-il indiqué.

Estimant que le contexte régional exige une coopération accrue, il a invité les participants à œuvrer à la construction d’une entente durable entre les communautés ivoiriennes, guinéennes et maliennes.
Au-delà des questions de mobilité animale et de sécurité, les travaux mettent l’accent sur la prévention et la gestion des conflits liés à l’accès aux ressources naturelles, ainsi que sur le renforcement de la résilience des systèmes pastoraux et agropastoraux.
Une meilleure coordination entre les trois pays pourrait contribuer à sécuriser les activités d’élevage, à préserver les moyens de subsistance des éleveurs et à favoriser la coexistence pacifique entre les communautés pastorales et agricoles. La gestion concertée des ressources naturelles constitue également un enjeu pour la stabilité des activités économiques dans cette zone transfrontalière.

La Semaine du pastoralisme du Wassoulou se poursuivra jusqu’au mercredi 21 octobre, avec notamment un atelier consacré à l’analyse du contexte et à la préparation des enquêtes de terrain dans l’espace transfrontalier.
Les échanges devront permettre de renforcer le dialogue entre les acteurs, d’améliorer les mécanismes de coopération entre les trois États et de définir des pistes d’action adaptées aux réalités locales.
La cérémonie d’ouverture a enregistré la présence d’autorités administratives ivoiriennes, guinéennes et maliennes, ainsi que de représentants d’organisations professionnelles et régionales.
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