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Niger : treize morts dans une attaque djihadiste contre l’aéroport international de Niamey

La menace djihadiste continue de peser lourdement sur le Niger. Treize personnes, dont onze membres des forces de défense et de sécurité et deux civils, ont perdu la vie jeudi lors d’une attaque spectaculaire menée contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, principal hub aérien du pays, selon un bilan officiel communiqué par les autorités nigériennes.

Serge Kpan3 min de lecture
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Niger : treize morts dans une attaque djihadiste contre l’aéroport international de Niamey

L’attaque, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda au Sahel, visait à la fois l’aéroport international et la base militaire voisine. Dans un communiqué diffusé sur son canal de propagande Az-Zallaqa, le mouvement djihadiste affirme avoir conduit « une attaque-suicide sur l’aéroport international Diori Hamani et sur la base militaire » attenante.

Selon le ministère nigérien de la Défense, les assaillants, dont certains étaient équipés de ceintures explosives, ont tenté de pénétrer dans l’aérogare dès les premières heures de la matinée.

« Les auteurs de l’attaque, dont certains étaient munis de ceintures explosives, ont tenté une incursion dans l’aérogare de l’aéroport », a indiqué le ministère dans un communiqué lu à la télévision nationale, précisant que « la prompte réaction des forces de sécurité a permis d’empêcher les assaillants d’atteindre l’aérogare ».

Les affrontements ont débuté vers 6 heures du matin au niveau d’un poste de contrôle situé sur l’unique route d’accès à l’aéroport. Les échanges de tirs se sont poursuivis pendant au moins deux heures avant que les forces de sécurité ne reprennent le contrôle de la situation.

Le ministère de la Défense a dressé un bilan provisoire particulièrement lourd. « Le bilan provisoire de cette tentative d’incursion perfide s’établit comme suit : côté amis, 13 martyrs dont 11 éléments des forces de défense et de sécurité et 2 civils, 4 blessés. Côté ennemis, 22 assaillants neutralisés, une vingtaine de suspects interpellés », a-t-il détaillé.

D’après des sources aéroportuaires, les assaillants seraient arrivés « à bord de taxis » jusqu’au dispositif policier avant de se heurter à une « résistance farouche » des forces de sécurité. Plusieurs d’entre eux auraient ensuite tenté de se disperser dans les quartiers environnants, où des opérations de ratissage ont été immédiatement lancées.

« De nombreux assaillants ont été tués, d’autres capturés avec l’aide de la population », a affirmé une source aéroportuaire, une information corroborée par un conducteur de taxi-moto présent dans la zone.

Les autorités assurent que « la situation est maîtrisée » et que « l’aéroport international, totalement sécurisé, demeure ouvert au trafic aérien ». Toutefois, des données du site spécialisé Flightradar ont signalé plusieurs perturbations, avec des vols retardés ou déroutés au cours de la journée.

Cette attaque intervient moins de six mois après une précédente offensive menée le 29 janvier contre le même aéroport et la base militaire adjacente. À l’époque, l’assaut, revendiqué par le groupe État islamique, avait fait plusieurs blessés et causé d’importants dégâts matériels.

Depuis le coup d’État de juillet 2023, le Niger est dirigé par Assimi Goïta confronté à une dégradation persistante de la situation sécuritaire. Malgré le renforcement de ses partenariats avec la Russie, la Turquie et l’Iran après le départ des forces françaises, le pays demeure exposé aux attaques des groupes armés actifs dans la région sahélienne.

Cette nouvelle offensive contre une infrastructure stratégique de Niamey rappelle que la lutte pour la sécurité et la souveraineté du Niger ne concerne pas uniquement ce pays, mais l’ensemble du Sahel et de l’Afrique. Elle met en lumière l’urgence pour les États africains de renforcer leur coopération sécuritaire, de mutualiser leurs ressources et de construire des solutions africaines aux défis africains. Face à des menaces transnationales qui ignorent les frontières héritées de la colonisation, l’unité, la solidarité et la coordination entre les peuples et les nations du continent apparaissent plus que jamais comme des conditions essentielles pour garantir la paix, la stabilité et le développement durable de l’Afrique.

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