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Le sport ne fait pas la paix, mais il peut l'appeler

Le 8 octobre 2005, dans un vestiaire d'Omdurman, Didier Drogba s'est agenouillé devant une caméra pour demander à ses compatriotes de cesser le feu. Vingt et un ans plus tard, jour pour jour, Harvard lui remet la médaille W.E.B. Du Bois. Au-delà de l'hommage, cette coïncidence invite à se demander ce que le sport peut réellement pour la paix, et ce que nous devons à ceux qui en sont les visages.

AKONDANEWS2 min de lecture
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Le sport ne fait pas la paix, mais il peut l'appeler

Soyons précis. Un match ne règle pas une guerre. L'accord qui a suivi en Côte d'Ivoire est le fruit de négociations longues, menées par d'autres, et le pays a connu de nouvelles crises ensuite. Croire qu'un ballon suffit, c'est faire injure à ceux qui ont négocié, et dispenser les responsables politiques de leur travail.

Mais le sport possède une capacité singulière : rassembler, parfois au-delà des appartenances politiques. Dans un stade ou devant un écran, le nord et le sud, les camps ennemis, les générations vibrent ensemble pour les mêmes couleurs. Ce sentiment d'appartenance commune est une ressource rare dans un pays fracturé. Il ne remplace pas la paix, il en rappelle la possibilité. En 2005, c'est cette possibilité que l'équipe ivoirienne a donnée à voir.

C'est là que la responsabilité des stars africaines entre en jeu. Elles disposent d'une audience et d'un capital de sympathie que bien des institutions peinent à mobiliser. Sur un continent où les champions sont souvent plus écoutés que les dirigeants, se taire est aussi un choix. Cela ne signifie pas que chaque joueur doive se transformer en tribun. Cela signifie que l'influence, quand elle existe, oblige : à réfléchir à ce qu'on en fait, à s'entourer de gens compétents, à s'engager dans la durée plutôt que le temps d'un geste.

La fondation de Drogba, qui travaille en faveur de l'éducation et de la santé, illustre cette exigence : la parole d'un jour n'a de poids que si elle est suivie d'actes. À nous aussi d'être exigeants. Applaudir un champion pour son geste est facile ; suivre ses engagements et en examiner les résultats l'est moins, et c'est pourtant ainsi qu'on le respecte.

Le sport ne fait pas la paix. Mais il peut ouvrir un espace où l'on s'écoute, et c'est à ceux qui l'incarnent de ne pas gaspiller cet espace.

La rédaction

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