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Ghawar, cœur du pétrole saoudien : les Houthis font basculer la guerre du Golfe dans une nouvelle phase

Les Houthis revendiquent un tir de missile balistique contre Ghawar, le plus grand champ pétrolier conventionnel terrestre de la planète. Au-delà de la revendication, l'escalade entre Riyad et Sanaa menace l'énergie mondiale et place l'Afrique, de Djibouti au Caire, en première ligne

AKONDANEWS4 min de lecture
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Ghawar, cœur du pétrole saoudien : les Houthis font basculer la guerre du Golfe dans une nouvelle phase

Ghawar : la cible la plus symbolique du royaume

S'étendant sur environ 280 kilomètres dans la province orientale de l'Arabie saoudite, Ghawar détient plus de 58 milliards de barils équivalent pétrole de réserves prouvées. Il a historiquement produit plus de 5 millions de barils par jour. Le toucher, c'est viser le socle de l'économie saoudienne.

Le 10 octobre, [1news.az](https://1news.az/en/news/20261010150004252-Houthis-attack-the-world-s-largest-oil-field), citant l'agence russe RIA Novosti, rapportait que les Houthis revendiquaient un tir de missile balistique contre le champ. Des images de fumée circulaient dans la foulée, selon [Hamer Intel](https://hamerintel.com/data/articles/20175). Riyad et Aramco n'ont pas confirmé à ce stade d'impact ni de dégâts.

## Une escalade en plusieurs actes

La revendication s'inscrit dans une montée en puissance rapide, rapportée par [Al Jazeera](https://www.aljazeera.com/news/2026/10/13/houthis-threaten-saudi-arabias-aramco-facilities-and-airports) :

- Riyad frappée. Le 10 octobre, l'aéroport international King Khalid est touché, avec au moins 13 morts et plus de 300 blessés.

- Aramco visée. Un missile frappe un bâtiment administratif du complexe de Dhahran, berceau historique de l'industrie pétrolière du royaume. L'agence saoudienne parle d'un « incendie limité », sans victime, d'après [The National](https://www.thenationalnews.com/business/energy/2026/10/14/houthi-attack-hits-aramcos-historic-nerve-centre-in-saudi-arabia/).

- Riposte de la coalition. Sanaa, Hodeïda et les cuves de Ras Isa sont visées. Les Houthis évoquent 12 morts en 24 heures, selon [La Libre/Belga](https://www.dhnet.be/dernieres-depeches/2026/10/17/yemen-les-frappes-saoudiennes-ont-fait-12-morts-en-24-heures-selon-les-houthis-X3J5VHAP7VDT5MKMAU33R4PTWM/).

- Front terrestre. Le gouvernement yéménite a lancé une contre-offensive après les gains houthis de septembre. Plus de 200 000 personnes ont été déplacées depuis.

Plusieurs compagnies, dont Air France-KLM, Lufthansa, Delta et Qatar Airways, ont suspendu leurs vols vers le royaume. Le FMI redoute des répercussions mondiales.

Une guerre par procuration au cœur de l'énergie mondiale

Cette séquence prolonge la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran, ouverte fin février 2026. Riyad accuse Téhéran d'encourager l'escalade houthie. Le Brent a clôturé à 106,06 dollars le 14 octobre, selon [Connaissance des énergies/AFP](https://www.connaissancedesenergies.org/afp/le-petrole-augmente-porte-par-la-montee-des-tensions-au-moyen-orient-261014). L'Agence internationale de l'énergie estime que les exportations du Golfe, à 13,9 millions de barils par jour en septembre, restent à un peu plus de 75 % de leur niveau d'avant-guerre.

Le précédent de 2019 (Abqaiq et Khurais) a montré la vulnérabilité de l'appareil pétrolier saoudien. Aramco affirme que « son système est intact » et qu'il peut mobiliser jusqu'à 12 millions de barils par jour en quelques jours. Mais la multiplication des cibles, dont Ras Tanura en mars, Jubail et Yanbu, érode cette marque

L'angle panafricain : le continent en première ligne

Le prix de l'énergie. Avec un baril au-dessus de 100 dollars, les pays africains importateurs de carburants subissent une hausse des coûts de transport, d'électricité et d'alimentation. Les producteurs gagnent en recettes, mais beaucoup restent dépendants des produits raffinés importés, ce qui limite leur gain.

La mer Rouge, frontière africaine du conflit. Selon [The Conversation Africa](https://fr.allafrica.com/stories/202609280490.html), les Houthis contrôlent désormais Mokha, Périm, Zuqar et l'archipel des Hanish, à environ 160 km de Bab el-Mandeb.

- Égypte. Le canal de Suez avait perdu environ 7 milliards de dollars de recettes en 2024, avant un rebond en 2025-2026 aujourd'hui menacé.

- Djibouti et Éthiopie. Djibouti accueille plus de 3 700 réfugiés yéménites. L'Éthiopie, enclavée, y fait transiter environ 95 % de son commerce.

- Somalie. La piraterie y atteint son plus haut niveau depuis dix ans.

Les Houthis à la conquête de la rive africaine. Un [rapport de The Century Foundation](https://fr.allafrica.com/stories/202608270143.html), relayé par RFI, décrit un rapprochement avec les shebabs somaliens, une plaque tournante de contrebande à Djibouti et des visées sur l'Érythrée et le Soudan.

Une architecture de sécurité à construire. Le 30 juillet, quatorze pays, dont l'Égypte, Djibouti, le Soudan et la Somalie, ont annoncé à Riyad une alliance de défense maritime, sans les Émirats ni l'Éthiopie. La sécurité de la mer Rouge se joue encore largement hors de l'Union africaine.

Ce qui se joue pour l'Afrique

La guerre du Golfe n'est plus lointaine : elle se lit dans la pompe à essence, les recettes de Suez et les ports de la Corne. Raffinage local, réserves stratégiques, corridors alternatifs et position diplomatique commune ne sont plus des options, mais des conditions de souveraineté.

Kouachiada

Correspondant en Allemagne

Tags :Internationalconflits

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