Forum mondial de Barcelone : Sébastien Dano Djédjé appelle à une gauche africaine plus offensive et ancrée dans les réalités sociales

Face à des représentants de mouvements progressistes venus de plusieurs continents, il a relayé « les salutations du président Laurent Gbagbo », tout en saluant une initiative qui vise à fédérer « les socialistes et les progressistes du monde » autour d’une alternative au système actuel.
Dans un discours sans détour, l’orateur a mis en lumière les limites des systèmes démocratiques africains. « Nous avons certes obtenu le multipartisme, mais nous sommes encore à la recherche d’une véritable démocratie », a-t-il déclaré, estimant que les institutions existantes « sont loin de convaincre ».
Pour lui, la question centrale demeure celle de l’égalité et de la justice sociale. « L’égalité ne doit pas être un vain mot, mais une réalité palpable, vécue au quotidien », a-t-il soutenu, évoquant la nécessité de réduire les inégalités et de garantir l’accès équitable aux services publics.
Sébastien Dano Djédjé a également insisté sur le paradoxe économique africain : « On annonce des taux de croissance de 7 à 8 %, mais le citoyen ne le ressent pas dans son assiette ». Une situation qu’il attribue à l’absence de politiques redistributives efficaces.
Dans cette dynamique, il a appelé à faire de la gauche panafricaniste « une force d’émancipation globale », engagée contre « l’autoritarisme, la dépendance imposée, l’exclusion et la marginalisation ».
Revenant sur le cas ivoirien, il a évoqué le parcours de Laurent Gbagbo, de son éviction du pouvoir à son acquittement par la justice internationale, avant de dénoncer son exclusion du scrutin présidentiel de 2025.
« La démocratie doit être le couronnement des textes que nous avons nous-mêmes rédigés », a-t-il insisté, plaidant pour une application stricte des règles démocratiques et une promotion effective des libertés.
Clôturant son intervention, le président exécutif du PPA-CI a lancé un appel à la mobilisation des forces progressistes : bâtir une gauche « émancipatrice, inclusive, institutionnelle et ancrée dans le peuple », capable d’incarner une véritable alternative et de redonner espoir aux populations africaines.
Serge Kpan, Correspondant à Abidjan
Commentaires (0)
Articles liés

Pretoria hausse le ton : l’Afrique du Sud refuse la diplomatie des sommets imposés

Air Tanzania ouvre la ligne Dar es Salaam–Moscou : un nouveau signal stratégique entre l’Afrique et la Russie

Après sa tournée africaine, le pape Leo rentre à Rome en laissant un message qui dérange les grandes puissances
