CÔTE D'IVOIRE : AUTOROUTE DU NORD ET MINES — ABIDJAN INVESTIT DANS SES INFRASTRUCTURES ET AFFIRME SA SOUVERAINETÉ SUR SES RESSOURCES
Au Conseil des ministres du 3 juin 2026, le gouvernement ivoirien a acté deux décisions majeures : un prêt de 30 milliards de francs CFA de la BOAD pour l'autoroute Kobo-Kanawolo, et une prise de participation renforcée de l'État dans la Compagnie Minière du Bafing. Deux signaux forts d'un pays qui construit son avenir avec ses propres règles.

Pendant que certains continuent de présenter l'Afrique comme un continent en attente de sauveteurs extérieurs, la Côte d'Ivoire, elle, travaille. Le Conseil des ministres réuni le mercredi 3 juin 2026 sous la présidence du chef de l'État Alassane Ouattara a adopté deux décrets qui méritent toute l'attention des observateurs du développement africain — non pas pour leur technicité, mais pour ce qu'ils disent de la vision d'un pays qui prend en main son destin.
Le premier décret acte la ratification d'un accord de prêt de 30 milliards de francs CFA conclu avec la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) pour financer la construction de la section Kobo-Kanawolo de l'Autoroute du Nord — soit 47,3 kilomètres supplémentaires sur un axe stratégique qui relie le Port Autonome d'Abidjan, premier port d'Afrique de l'Ouest, aux pays enclavés de l'hinterland sahélien. Burkina Faso, Mali, Niger — autant de nations sœurs dont le commerce, les importations et les exportations transitent par ce corridor vital.
Ce que cette décision révèle est fondamental : la Côte d'Ivoire finance ses infrastructures via une institution financière africaine, la BOAD — banque de développement des États de l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Pas la Banque mondiale. Pas le FMI. Pas un créancier occidental qui viendrait assortir son financement de conditionnalités politiques ou de clauses d'ajustement structurel. Un outil de financement africain, au service d'une vision africaine du développement. C'est cela, la souveraineté économique dans les actes.
Le second décret est tout aussi révélateur. Le gouvernement ivoirien a autorisé l'augmentation de la participation financière de l'État au capital de la Compagnie Minière du Bafing SA, avec une prise de participation additionnelle de 1 500 actions d'une valeur globale de 3,5 milliards de francs CFA. En d'autres termes : l'État ivoirien renforce sa présence et son contrôle dans le secteur minier national. Il ne se contente pas d'octroyer des licences d'exploitation à des groupes étrangers et d'empocher des royalties. Il investit, il détient, il contrôle.
Cette approche s'inscrit dans une tendance continentale de plus en plus affirmée. Partout en Afrique, des États reprennent la main sur leurs ressources naturelles — or, pétrole, cobalt, lithium, manganèse. Certains le font dans la confrontation, comme le Mali ou le Niger qui ont renégocié ou expulsé des opérateurs étrangers. D'autres, comme la Côte d'Ivoire, le font dans la continuité institutionnelle, par des prises de participation progressives et des montées au capital. Les méthodes diffèrent. L'objectif est le même : que les richesses du sous-sol africain profitent d'abord aux peuples africains.
L'Autoroute du Nord, une fois achevée, ne sera pas seulement une route. Ce sera un symbole de connectivité, d'intégration régionale et de puissance économique. Elle permettra de réduire les coûts de transport pour les marchandises qui approvisionnent des dizaines de millions de personnes dans la sous-région. Elle créera des emplois, dynamisera les échanges, renforcera la position d'Abidjan comme hub logistique incontournable de l'Afrique de l'Ouest.
La Côte d'Ivoire avance. Et elle avance avec ses propres outils, ses propres institutions, sa propre vision. C'est cela, l'Afrique qui gagne.
Rédaction Akondanews.net — Abidjan
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