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Accord Sénégal-FMI : Ousmane Sonko exige la publication du mémorandum et prévient d'un débat parlementaire

Quelques heures après l'annonce d'un accord technique entre le Sénégal et le Fonds monétaire international, le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a réclamé mardi soir la « transparence absolue » sur le contenu exact des engagements pris par Dakar, exigeant la publication du mémorandum de politiques économiques et financières négocié avec l'institution de Bretton Woods.

Serge Kpan3 min de lecture
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Accord Sénégal-FMI : Ousmane Sonko exige la publication du mémorandum et prévient d'un débat parlementaire

Les services du FMI et les autorités sénégalaises ont annoncé le 1er septembre être parvenus à un accord au niveau des services sur un programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit, d'un montant de 2,2 milliards de dollars pour la période 2026-2029. Ce texte reste soumis à l'approbation de la direction et du conseil d'administration du Fonds. La mission ayant conduit à ce résultat s'est tenue à Dakar du 19 août au 1er septembre, sous la conduite de Mercedes Vera Martin, cheffe de mission du Fonds pour le Sénégal.

C'est dans ce contexte qu'Ousmane Sonko a réagi, rappelant que cet accord technique « ne sera définitif qu'après approbation, plus tard, par le conseil d'administration du Fonds ». Pour l'ancien Premier ministre, aujourd'hui à la tête du Parlement, les communiqués publiés de part et d'autre demeurent muets sur l'essentiel : ni le détail du projet d'accord, ni la nature précise des engagements pris par le Sénégal n'y sont explicités.

Dans sa déclaration, Sonko énumère plusieurs zones d'ombre qu'il juge essentielles pour l'opinion publique : les modalités du « traitement de la dette » sénégalaise, le contenu des réformes annoncées — viabilité des finances publiques, protection des ménages vulnérables, mobilisation des ressources intérieures, rationalisation des dépenses, filets sociaux, supervision des entreprises publiques et amélioration de l'environnement des affaires ainsi que le sort réservé aux audits internationaux de la dette, initialement exigés dans le cadre du processus.

Se prévalant d'avoir « participé pendant de longs mois » aux discussions préalables, il affirme y avoir identifié des orientations qui, selon lui, « ne reproduisent que les erreurs du passé ». Une allusion à la crise déclenchée par la découverte, en 2024, d'irrégularités dans la déclaration des données de la dette publique par l'administration antérieure — un épisode qui avait entraîné un audit des finances publiques et une procédure de dérogation auprès du Fonds, dont les conclusions conditionnent encore l'approbation du nouveau programme.

Sonko formule une demande précise au gouvernement : rendre public le mémorandum de politiques économiques et financières — document habituellement validé par les deux parties dans ce type de négociation — « pour une information correcte et pour qu'un débat sain soit ouvert ». À défaut, il réclame sa transmission à l'Assemblée nationale, qu'il préside, au nom de la « représentation populaire ».

Il prévient toutefois que, quelle que soit la décision de l'exécutif, les grandes orientations de cet accord referont surface dans le débat budgétaire : soit à l'occasion d'une éventuelle loi de finances rectificative, soit dans le projet de loi de finances pour 2027, que le gouvernement doit soumettre à l'Assemblée nationale en octobre. « Et le débat aura lieu ! », conclut-il, dans une formule qui sonne comme un avertissement adressé à l'exécutif.

Cette sortie intervient à un moment sensible pour les relations entre l'Assemblée nationale et le gouvernement, alors que la déclaration de politique générale du Premier ministre est attendue le 8 septembre. Sonko a par ailleurs assuré, dans une autre intervention récente, qu'« il n'y a pas de tiraillement » ni de tensions entre les deux institutions une précision qui contraste avec la fermeté de ses exigences sur le dossier FMI.

Ni la Primature ni le ministère des Finances n'avaient réagi publiquement, à l'heure de la publication de cet article, aux demandes formulées par le président de l'Assemblée nationale.

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